Le site médiéval de Rochefort en Valdaine date du XI ème siècle. Il est situé à environ 14 km au sud-est de Montélimar et est accessible en voiture. Le donjon, haut de 18 m, permet d'admirer  un panorama fantastique sur la vallée du Rhône. Il a conservé sa grande salle voûtée d'origine. Un escalier donne accès à la terrasse et à une table d'orientation. La chapelle du château, dédiée à Saint Blaise, est entièrement restaurée, elle est également ouverte à la visite. Au pied du château subsiste le vieux village de Rochefort en Valdaine, abandonné en 1907. L'ensemble du site médiéval de Rochefort est entouré de remparts. Il a été classé par le ministère de l’environnement et inscrit à l’inventaire des Monuments Historiques .

Les mottes castrales

  

Le site fortifié est occupé depuis plus d’un millénaire, ainsi qu’en atteste la présence de trois mottes médiévales.  La motte principale, sur laquelle ont été construites les premières fortifications en pierre, se situe entre donjon et chapelle. La falaise calcaire a été employée comme défense naturelle, elle a été complétée au nord par un fossé. Des fouilles conduites par l'archéologue Michèle Bois, en 1983 puis en 1984, ont révélé l'existance d'une tour aujourd'hui disparue ainsi que divers objets en os : une épingle, un pion de jeu et une plaquette décorée.    

Le donjon

Le donjon est daté du XII° siècle. Au rez-de-chaussée, se trouve une salle basse à laquelle on accédait par une trappe située dans la salle du 1er étage. La porte actuelle n’a du être ouverte qu’au XVI° siècle.  Au premier étage, se situe la grande salle ou salle noble. . L’entrée actuelle était en fait des latrines. Cette salle ne comportait pas de cheminée, ses occupants se chauffaient uniquement avec des braseros !    
L’escalier actuel a été construit par un ébéniste local,  L’escalier en pierre donnant accès au deuxième étage, est d’origine. Lors des fouilles ont été trouvés divers objets : pointes de flèches et d’arbalète, une pièce de monnaie datant du XIV° siècle. En 1389, le château fut partiellement détruit par les troupes de Raymond de Turenne.

La chapelle

La chapelle Saint Blaise datant du XIVe siècle possède  un porche d’entrée de style gothique, elle a subi de nombreux remaniements. Ancienne chapelle castrale, elle devint ensuite église paroissiale.

C'est le lieu de sépulture de la famille seigneuriale des du Puy Montbrun : une tombe dans le chœur une autre dans la nef.

Il s’agit d’un bâtiment de 22 mètres de long sur 10 mètres de large, auquel s’ajoute une sacristie de construction relativement récente, 1880 environ. Elle est couverte d’un toit à double pente en tuiles rondes, les murs latéraux sont soutenus par six contreforts. Sur la façade s’inscrit une rosace de facture très simple.

Le corps de logis et la galerie couverte

Du corps de logis, Il ne subsiste que des ruines consolidées et en partie restaurées en 1997. A noter une fenêtre à meneaux.

Une tour du XIIIe siècle, une de plus !, s’élevait à l'ouest de l’enceinte, au dessus du fossé extérieur. Elle était munie de deux archères, Elle a servi d’appui à la muraille construite pour renforcer les défenses. 

Au XVe siècle, les seigneurs de Taulignan achètent,  rénovent et agrandissent les bâtiments. , Des fenêtres  sont ouvertes dans les murs médiévaux, de grandes cheminées chauffent les salles. Une cuisine avec cheminée et un four à pain sont installés au nord. L'escalier à vis installé au centre d’une tour ronde permettait de desservir les différents niveaux.

La galerie, couverte d’une voûte d’ogives, a été construite au nord de la cour entre le corps de logis, et le donjon. Les arcatures prenaient appui sur les façades où les pierres sculptées sont restées scellées. Elles retombaient côté cour sur des piliers disparus. Des galeries semblables peuvent se voir aux châteaux de La Touche et de Puygiron.

Les armes de la famille Dupuy-Montbrun “de gueules au lion d’or” sont sculptées sur le culot situé contre le donjon. Un autre blason porte les armes de la famille de Taulignan. Et un autre, taché par la rouille est resté vierge.

Les remparts et le pigeonnier

​Les remparts sud ont été remaniés au cours des siècles et comportent des appareils de pierres bien différents. L’un en particulier est construit en “arête de poisson”. Ce rempart abrite l’ancien cimetière..

Plus haut, à gauche du chemin, un mur de courtine récemment consolidé s’appuie sur le mur d’enceinte de la cour noble du château. Il porte la trace de diverses arbalétrières, il rejoint le rempart ouest ceinturant le corps de logis puis l’ancien rempart ceinturant le vieux village. Côté nord l'ancien rempart n'apparait plus. Il réapparait en contrebas de la chapelle. Vous pourrez y remarquer la porte donnant accès au vieux village.

​Le seigneur de Rochefort, possédait le privilège d’élever des pigeons.

Eynier Dupuy-Montbrun, lorsqu’il réaménagea le château au XVe siècle, ferma la cour d’honneur en construisant un mur autrefois crénelé, entre le donjon et le rempart extérieur. Quatre rangées de nichoirs jointifs y ont été intégrées.  Ils sont construits en pierre, plus résistante à l’extérieur que la terre cuite utilisée dans les colombiers fermés. Une dalle horizontale saillante permet aux oiseaux de prendre leur envol. 
Un autre colombier appartenant au seigneur, situé dans la vallée sud, a donné son nom au hameau "Le Colombier”.

L'oratoire

En l’année 1737 Gourjon, habitant Rochefort, fut condamné à une forte amende pour avoir fait moudre son grain « un jour de dimanche ». Deux tiers de cette somme devaient être versés à la commune, l’autre tiers étant dû au seigneur.

Cette condamnation ne pouvait pas mieux tomber, car le village, très pauvre, attendait depuis des années une rentrée d’argent lui permettant de réparer la croix de paroisse, érigée près des remparts, malheureusement renversée par le vent.

Sur quoi, le 3 mars 1739, après  une délibération unanime, les consuls décidèrent de bâtir, à la place, un petit oratoire, « lequel ne serait pas en danger d’être si facilement renversé » Le seigneur accepta de participer aux frais pour le tiers qui lui était dû.

Atelier communal du château de Rochefort